Judge Dredd : Mandroïd est un comics de science-fiction signé John Wagner (scénario) et Kev Walker (dessin), publié à l’origine dans le magazine britannique 2000 AD. Il met en scène le sergent Nate Slaughterhouse, réformé de l’armée et doté d’un corps mi-homme mi-robot, qui bascule dans une vengeance sanglante à Méga-City One. Judge Dredd, les connaisseurs sauront déjà de quoi il s’agit. Pour moi, tout ça est nouveau : le comics, je n’y avais jamais touché, à part au cinéma.
Un objet-livre plus qu’un fascicule
Le format souple et les histoires de super-héros m’ont toujours un peu rebuté au premier abord. Mais cette première est plutôt sympa. D’abord, il s’agit d’un cadeau, ce qui fait toujours plaisir. Ensuite, l’édition se rapproche de la BD classique et du livre : couverture rigide, format légèrement inférieur au A4, plus de 145 pages.
Mandroïd, qu’est-ce que c’est ?
Comme tout comics qui se respecte, on a un super-héros au centre de l’histoire, entouré de quelques amis mais surtout de beaucoup de méchants. Notre bonhomme, le sergent Nate Slaughterhouse (Abattagemaison en français), il est gentil. Il tue tout le monde sur son passage, mais on lui pardonne. On lui pardonne parce que ce n’est pas simple d’être réformé de l’armée, de partir vivre dans un HLM-bidonville de Méga-City One avec sa femme et son gosse, et d’avoir un corps mi-homme mi-robot (d’où le « Mandroïd »), le tout dans un futur dont on ne sait pas trop la date, mais plutôt lointain. Et en plus, Nate n’a pas de bol : des mafieux ont décidé de lui pourrir la vie en s’en prenant aux deux êtres les plus chers à ses yeux, madame et fiston Slaughterhouse. Grosse erreur, messieurs les mafieux. Du coup, il va se venger. Et on n’en attendait pas moins. Le truc, c’est que la police (déguisée en Power Rangers) n’est pas vraiment d’accord et va tout faire pour l’en empêcher.
Le scénario et les dessins
Le scénario, très bon au demeurant, reste écrit par un Américain, et aux États-Unis la police est toujours débordée, sauf un gars, un brave type plus intelligent que les autres, qui comprend les tourments du héros et le laisse poursuivre sa mission destructrice, parce qu’il faut bien éliminer toute cette racaille qui moisit dans les bas-fonds. Tout est là, réuni en un tome : le héros, les méchants, le côté sombre, la puissance, la vengeance, l’action. Tout s’enchaîne sans longueurs. La fin laisse cependant un peu en haleine par la brutalité du dénouement et sa rapidité extrême, qui clot l’histoire en quatre pages.
Par ailleurs, comme la série est sortie page par page en magazine (2000 AD pour les puristes) sur plusieurs mois, trois dessinateurs se sont succédé pour donner vie à l’histoire. On remarque les styles et les traits qui se transforment selon la main et la vision du dessinateur du moment. Perturbant, mais pas autant que de lire le dernier Lucky Luke puis le premier.
Alors, on lit ?
Est-ce un classique du genre ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que Judge Dredd a été adapté au cinéma, incarné par Sylvester Stallone. J’en ai vu un extrait, je n’ai pas osé affronter la suite. À vous de voir si vous en aurez le courage, mais commencer par le comics me semble une bonne solution.
Repères
- Titre : Judge Dredd : Mandroïd
- Scénario : John Wagner
- Dessin : Kev Walker, Simon Coleby, Carl Critchlow
- Prépublication : magazine 2000 AD (2005 et 2007)
- Édition française : éditions Soleil
Ce billet a été rédigé par Paul, à qui j’ai offert l’exemplaire de Judge Dredd Mandroïd envoyé par les éditions Soleil, en échange d’une petite review. Il a un peu tardé avant de me l’envoyer. Il s’en excuse platement.
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