L’open space m’a tuer…

Juste après la lecture de travailler avec des cons, j’ai enchainé sur celle de l’open space m’a tuer de Alexandre des Isnards et Thomas Zuber. Ces deux jeunes cadres dynamiques de trente quatre ans expliquent en début d’ouvrage qu’à la suite de mails internes l’idée de rassembler ces différents témoignages à germer dans leur esprit. Assez rapidement, leurs amis, et les amis de leurs amis,… leur ont envoyé d’autres anecdotes. Forts de nombreux contenus, les auteurs ont publié cet essai de 211 pages quasiment jour pour jour l’an dernier.

Avant toute chose, il nous faut rappeler ce qu’est l’open space. La traduction littérale de cette locution nominale (espace ouvert) nous renseigne déjà beaucoup. A l’inverse des bureaux individuels ou partagés, l’open space offre la possibilité aux collaborateurs de partager sur un même plateau les discussions, appels, coups de gueule de tout un chacun. Car si les gourous de la productivité, de l’organisation tendance feng shui peuvent soutenir dans baisser le regard qu’un open space permet une meilleure circulation des flux d’énergie, c’est aussi un moyen d’autosurveillance et d’autorégulation (comme l’expliquent les auteurs).

L’open space m’a tuer se découpe en courts chapitres traitant chacun un épisode de la vie en entreprise, illustré par le vécu d’une personne dont seul le prénom aura été changé pour protéger son identité. Parmi mes chapitres préférés :

  • Le nouveau wording : qui nous met sous le nez tous nos tics de langages (“je reviens vers toi”), les abréviations (fyi, asap, eod,…), les anglicismes (feedback, time sheet et autres monitoring et reporting) utilisés à tort et à travers.
  • Fesse book : ou comment travailler son personal branding à travers ce réseau social
  • Crackberry : le mail de ce siècle je pense
  • Time shit : si drôle mais si vrai 🙂
  • L’économie de la stagiaire : car on est tous passés par là
  • et bien d’autres

Sur la presque trentaine de chapitres, on se reconnait ou on reconnait des situations vécues plus ou moins récemment. Le cadre est toujours celui d’une boite de com ou de conseil (dont les noms ont été eux aussi changés : FullSex, Business & Incisions,…). Finies les élucubrations théoriques (et pas très claires) de Travailler avec des cons. Ici, les auteurs sont pragmatiques. On est dans l’opérationnel avec pour chaque chapitre le cas d’un collaborateur soumis au stress, à la compétition interne,… Et bien que le tableau dépeint soit un peu sombre, tout ça c’est “pour de rire” (ou pas).

Je recommande vivement cette lecture facile et drôle.

Présentation de l’éditeur
Ils ont fait de bonnes études, occupent des postes à responsabilités dans des entreprises prestigieuses, auront demain les clés de l’économie française… et pourtant, les jeunes cadres sont au bord de l’explosion. Dans les années 1980, ils étaient prêts à tout pour réussir. Aujourd’hui, ils prennent leurs RTT, refusent des promotions et pensent que la vraie vie est ailleurs. Fin des hiérarchies, tutoiement, flexibilité, mobilité, nouvelles technologies : sur le papier, les nouvelles méthodes de management font rêver. Mais passé l’enthousiasme des premières semaines, elles carbonisent vite les jeunes recrues. Tendinite du BlackBerry, malaises vagaux dus au stress, manque de reconnaissance d’une jeunesse en “mode projet”, départs pour des ONG de surdiplômés : dans des saynètes truculentes, on découvre les souffrances et les désillusions de la génération open space. Jusqu’à présent, elle continuait à faire bonne figure. Avec ce livre, elle décide d’ôter le masque

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