Structures de communication… partie #3

Troisième partie des cours dispensés lors du module EA 116, en Sorbonne…

La communication interpersonnelle : il s’agit de la communication interindividuelle ou dans un groupe restreint comme la famille. Cf. Comportementalisme, Ecole de Palo Alto (école de pensée, groupe de chercheurs, communication personnelle verbale ou non-verbale).

Rogers a créé le concept de « reformulation ». Lurie montre le choc de deux cultures différentes (USA et GB), et un travail sur le groupe familial. La reformulation est au début utilisée par les psychothérapeutes avec leurs patients.

Toute technologie est liée à l’extension des sens. Pour McLuhan, le livre est l’extension de l’oeil (la vue), la radio l’extension de l’oreille (l’ouïe). « Nous vivons dans un village planétaire dont les médias sont les tam-tams » (McLuhan). Pour lui, l’important, c’est le moyen.

Le contenu d’un nouveau médium est généralement un médium plus ancien (le contenu de l’écriture, c’est la parole; celui de l’imprimerie est l’écriture; celui du télégraphe est l’imprimerie; le contenu du cinéma est le roman; celui de la T.V. est le film). McLuhan, comme beaucoup d’autres tels que Vico (Italien) ou Malesherbes (grand penseur, grand directeur de la librairie [= ministre]), s’emploie à balayer l’histoire de l’humanité qu’il divise en trois périodes:

  • L’âge oral, ou pré-alphabétique: McLuhan décrit cette époque comme une époque où l’homme ne sait ni lire, ni écrire, où il vit en tribu, et son mode de relation est gestuel et oral. Il pratique l’artisanat et vit dans un « espace acoustique » restreint où toutes les relations sont simultanées (pas de communication à distance sans se voir, pas la possibilité de se déconnecter de sa parole). La télécommunication, c’est la déconnexion de la parole de l’émetteur. Cette ère ressemble plus ou moins à l’état de nature de Rousseau. On ne peut parler de ce qu’on suppose (un âge pré-alphabétique), en oubliant les peintures et les sculptures. Si c’était comme cela, comment pourrait-on en parler?
  • L’âge de l’écriture: la naissance de l’écriture met fin à l’expression orale. « La plume d’oie mit fin à la parole, elle supprime le mystère » (McLuhan). McLuhan inclut dans cet âge le passage à l’imprimerie. Il remarque que « dans sa première phase, la culture alphabétique détribalise, décollectivise l’homme ». Il écrit encore que « l’imprimerie est la technologie de l’individualisme ». Il décrit une société où on utilise moins d’outils et où la vue devient le sens prédominant (ex: la T.V. est une technologie de l’individualisme).
  • L’ère de l’électronique, de l’électricité: Au début du 20ème siècle, c’est l’avènement de la galaxie Marconi (cf. disques Pathé-Marconi), physicien Italien (Nobel en 1909). A 22 ans, il est le premier à construire un poste (transistor) permettant la transmission sans fil de sons audibles et articulés. Cette ère met fin à la suprématie visuelle. La galaxie Marconi mobilise nos appareils sensoriels de nouveau par un appareil sensoriel qui les contient presque tous.

[Retour au concept tribal (du temps de l’imprimerie où le monde est éclaté et pour McLuhan le monde redevient planétaire)]. Chaque famille est isolée devant la T.V. ou la radio, elle écoute une information qui arrive à tous en même temps. Ainsi chaque téléspectateur est membre du « village planétaire » dont les médias sont les tam-tams.

Les médias chauds et les médias froids :

Ce critère a été établit par McLuhan en fonction de la participation et de l’intérêt du récepteur (passant après l’intérêt pour l’émetteur [ex: lors de propagandes], car les chercheurs considèrent que le récepteur est passif).

Les médias chauds sont le cinéma, la presse écrite, la radio. Ce sont des médias qui délivrent un message achevé. Ils exigent peu ou moins de participation de la part du récepteur. « Les médias chauds ne laissent à leur public que peu de blancs à remplir ou à compléter » (McLuhan, mort en 1980 [61 ans]). Les médias chauds découragent la participation.

A l’inverse les médias froids délivrent un message incomplet ou diffus (T.V., BD, dessins animés, la parole, le téléphone). Le critère est la participation des récepteurs.

La conception Mc Luhanienne de la communication est très déterministe, elle pratique un déterminisme technologique. Pour McLuhan, une cause A produit un effet A. Tel moyen de communication produit tel type de société, de mentalité. Le défaut de la pensée Mc Luhanienne est qu’elle devient systématique. L’avantage est qu’elle est toujours visionnaire et attachée à dénoncer l’emprise de l’argent et son pouvoir sur le fonctionnement des médias.

Selon le déterminisme pessimiste, les médias sont tous puissants, ils ne nous laissent pas de liberté et ils façonnent nos esprits. Les continuateurs français des la pensée de McLuhan sont Abraham Moles, Edgar Morin (sociologue), Jean Duvignaud, J-F Revel. Les médiologues, avec Debray, en s’en détachant, sont les continuateurs de la pensée Mc Luhanienne.

La « médiologie » :

ce terme est un néologisme des années 80. La question que se pose le médiologue est de savoir par quels moyen technique une idée devient une force. Ces penseurs français sont d’horizons multiples. Exemple: Pourquoi c’est la pensée de J.C. qui s’est emparée de l’Occident plutôt que la pensée de Mani (à l’origine du manichéisme)?

On a vu la création de nouveaux métiers dans le domaine de la communication tels que les « spin-doctors », qui sont des conseillers en communication.

Bibliographie:

Régis Debray : Cours de médiologie générale, Gallimard ; Le pouvoir intellectuel en France, Folio ; L’Etat séducteur ; Vie et mort de l’image (histoire du regard en Occident/intérêt pour le récepteur).

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