Bière artisanale à Paris : le guide des microbrasseries

Paris est redevenue une ville de bière. Depuis le début des années 2010, une vague de bière artisanale a rendu à la capitale ce que le vingtième siècle lui avait pris : des cuves en ville, des bières brassées à quelques stations de métro de votre verre, et une scène qui n’a plus rien à envier à Londres ou à Berlin. Petit état des lieux, à hauteur de comptoir.

Paris brassait déjà au dix-neuvième siècle

On l’oublie, mais la capitale a compté des dizaines de brasseries jusqu’au début du vingtième siècle. La plus fameuse, Gallia, fondée en 1890, fut un temps la grande bière populaire parisienne avant de disparaître dans les concentrations industrielles de l’après-guerre. Le mouvement qui nous occupe n’est donc pas une mode importée : c’est une restauration. Quand la marque Gallia a été relancée dans les années 2010, avant d’installer sa brasserie à Pantin, la boucle était bouclée.

Bière artisanale à Paris : les pionnières de la renaissance

La première brasserie artisanale à rouvrir dans Paris intra-muros, c’est la Brasserie de la Goutte d’Or, fondée en 2012 au coeur du quartier du même nom. Ses bières houblonnées et épicées, nourries des saveurs du quartier, ont prouvé qu’on pouvait brasser sérieusement dans une arrière-cour du dix-huitième arrondissement.

La suite est arrivée vite. BAPBAP s’est installée en 2015 en plein onzième, avec son outil de production visible depuis la rue et son nom en forme de programme, « Brassée à Paris, Bue à Paris ». La même année, Paname Brewing Company ouvrait sa brasserie-taproom au bord du bassin de la Villette, dans un ancien entrepôt à grains, avec l’une des plus belles terrasses brassicoles de la ville. Autour d’elles, une constellation : L’Être, La Parisienne, Triangle et d’autres, chacune avec son style et son quartier.

Quoi boire : les styles à chercher

La scène parisienne a suivi le chemin de toutes les scènes craft : d’abord les pale ales et les IPA pour s’affranchir des lagers industrielles, puis un élargissement vers les styles de caractère. Aujourd’hui on trouve d’excellentes session IPA pour les longues soirées, des stouts dignes de ce nom, des saisons d’inspiration belge, et de plus en plus de bières de fermentation mixte ou vieillies en fût. Mon conseil : commencer par la gamme coeur d’une brasserie (c’est elle qui dit le niveau réel de la maison) avant de courir les éditions limitées.

Où les boire

Le plus simple est d’aller à la source : la plupart des brasseries parisiennes ont leur taproom, où la bière est servie à quelques mètres des cuves, dans les meilleures conditions possibles. Les caves à bières et bars spécialisés du onzième, du dix-huitième et du canal complètent le tableau, avec des rotations de fûts qui font la part belle aux brasseries locales. Et les festivals brassicoles parisiens, qui reviennent chaque année, restent le meilleur moyen de goûter large en une après-midi.

Questions fréquentes

La bière parisienne est-elle vraiment brassée à Paris ?

Pour les brasseries citées ici, oui : les cuves sont dans Paris ou en toute proche banlieue, comme Gallia à Pantin. C’est le sens même du mouvement microbrasserie, et ce qui le distingue des « bières de Paris » marketing brassées à façon à l’autre bout de la France. En cas de doute, l’adresse de brassage figure sur l’étiquette.

Par quoi commencer si on n’y connaît rien ?

Une blonde de soif ou une pale ale d’une brasserie locale, en taproom, en demandant conseil. Les équipes adorent faire goûter. Éviter de commencer par une double IPA à huit degrés ou un stout impérial : c’est le meilleur moyen de conclure que « la bière artisanale, c’est trop fort » alors que la gamme est immense.

C’est plus cher, est-ce que ça les vaut ?

Oui, c’est plus cher qu’une lager industrielle, pour les mêmes raisons qu’un pain de boulangerie coûte plus qu’un pain de supermarché : matières premières, échelle, travail. La bonne comparaison n’est pas le prix du litre mais le plaisir du verre. Et en taproom, le rapport qualité-prix est imbattable.

Repères

  • Première microbrasserie intra-muros de la vague actuelle : Brasserie de la Goutte d’Or, 2012
  • Marque historique relancée : Gallia, née en 1890, brassée aujourd’hui à Pantin
  • À visiter : les taprooms de BAPBAP (11e) et Paname Brewing Company (bassin de la Villette)
  • Style conseillé pour débuter : pale ale ou blonde de soif d’une brasserie locale

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