Le café du temps retrouvé, Toshikazu Kawaguchi (tome 2)

Couverture du Café du temps retrouvé de Toshikazu Kawaguchi

Le café du temps retrouvé est le deuxième tome de la série de Toshikazu Kawaguchi ouverte par Tant que le café est encore chaud, disponible au Livre de Poche. On y retrouve un café de Tokyo où l’on peut remonter le temps, à condition de s’asseoir sur une chaise précise et de revenir avant que le café ne refroidisse. La règle est cruelle : quoi que l’on fasse dans le passé, le présent, lui, ne changera pas. Le principe a fait le tour du monde, porté par le succès phénoménal du premier volume.

Couverture de Le cafe du temps retrouve de Toshikazu Kawaguchi

La règle qui rend tout poignant

Voyager dans le temps ne sert à rien, ou presque. On ne modifie pas ce qui a eu lieu. On ne sauve personne, on ne répare aucune faute. Alors pourquoi partir ? Pour dire ce qu’on n’a pas dit. Pour entendre une dernière fois une voix. Kawaguchi fait de cette impuissance le coeur de son livre. Cette contrainte, d’abord frustrante, devient le vrai moteur émotionnel de toute la série. Le passé reste figé, mais celui qui revient, lui, a changé. C’est là que le livre trouve sa petite musique, dans ce déplacement intérieur plutôt que dans l’exploit.

Quatre histoires, quatre adieux

Comme le premier tome, ce volume rassemble quatre récits reliés par le même comptoir. Un fils, une mère, un amour manqué, une promesse. À chaque fois, un personnage s’assoit sur la fameuse chaise et repart quelques minutes en arrière. Les mécaniques se ressemblent, mais les émotions varient. On recroise aussi certains habitués du café, ce qui donne à l’ensemble un air de saison qui continue. C’est un livre en forme de recueil, doux et un peu répétitif, à lire par petites gorgées.

Un feel-good qui assume sa mélancolie

On range souvent Kawaguchi dans la case du roman réconfortant. C’est vrai, mais réducteur. Sous la tendresse, il y a du deuil, des regrets, des gens qui n’ont pas eu le temps. Le café du temps retrouvé console sans mentir. Il ne promet pas que tout s’arrange, seulement qu’on peut vivre avec ce qui ne s’arrange pas. C’est une consolation modeste, presque japonaise dans sa pudeur, et c’est ce qui la rend acceptable.

Du théâtre au roman

À l’origine, cette histoire est une pièce de théâtre, et cela se sent. Le décor est unique, presque un huis clos. Les entrées et sorties rythment le récit comme des scènes. Cette contrainte donne au livre son unité et sa simplicité. Kawaguchi vient de la scène, et son écriture garde ce goût du dialogue direct, un peu appuyé parfois. On imagine sans peine la salle, la vapeur des tasses, la chaise vide qui attend.

Un phénomène d’édition

Difficile de parler de ce livre sans évoquer le raz-de-marée qu’est devenue la série. Traduite dans des dizaines de langues, vendue par millions, elle a lancé toute une vague de romans japonais réconfortants dans les librairies françaises. Ce tome deux surfe sur cet engouement. On peut le voir comme le produit d’un succès, ou comme la suite naturelle d’une bonne idée. Les deux sont vrais. Reste que le charme opère encore, à condition de ne pas trop en demander.

Une lecture pour les soirs fatigués

Il y a des romans qu’on ouvre quand on n’a plus la force d’affronter mille pages ardues. Celui-ci en fait partie. Les phrases sont simples, l’univers rassurant, le format court. J’y ai vu une parenthèse plus qu’un sommet littéraire. C’est un thé chaud sous forme de livre, et parfois c’est exactement ce dont on a besoin.

L’auteur : Toshikazu Kawaguchi

Toshikazu Kawaguchi est né à Osaka le 3 avril 1971. Homme de théâtre avant d’être romancier, il a dirigé la troupe Sonic Snail. Sa pièce sur ce café voyageur a d’abord triomphé sur scène avant qu’il n’en tire un roman, Tant que le café est encore chaud, devenu un succès mondial traduit dans des dizaines de langues. La série compte désormais plusieurs tomes, tous bâtis sur la même idée simple et le même comptoir.

Trois raisons de le lire

  • Un voyage dans le temps original, tourné vers l’émotion plutôt que vers l’action.
  • Des récits courts, parfaits pour lire par fragments.
  • Une douceur assumée, sans naïveté, qui fait du bien sans tromper.

Questions fréquentes

Peut-on lire ce tome sans avoir lu le premier ?

Oui. Les règles du café sont rappelées à chaque volume. Mais l’émotion est plus forte si l’on connaît déjà les lieux. Commencez plutôt par Tant que le café est encore chaud.

Est-ce vraiment de la science-fiction ?

Pas au sens habituel. Le voyage dans le temps n’est qu’un prétexte. Aucun paradoxe, aucune technologie. C’est un conte sentimental déguisé en récit fantastique.

Combien de tomes compte la série ?

Plusieurs, et la liste s’allonge. Chaque volume est indépendant et reprend le même dispositif. On peut s’arrêter après un tome ou tout enchaîner, selon l’envie.

Le mot de la fin

Le café du temps retrouvé ne révolutionne rien, y compris au sein de sa propre série. C’est une redite douce, et c’est très bien ainsi. Si le premier tome vous a touché, celui-ci vous accueillera comme un habitué qui repasse la porte. Sinon, commencez par le début : la tasse est la même.

Repères

  • Titre : Le café du temps retrouvé (この嘘がばれないうちに, Kono uso ga barenai uchi ni)
  • Auteur : Toshikazu Kawaguchi (né en 1971)
  • Place dans la série : tome 2, après Tant que le café est encore chaud
  • Parution japonaise : 2017
  • Édition française : Le Livre de Poche, traduction de Mathilde Tamae-Bouhon

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