Le chat qui voulait sauver les livres : mon avis

Couverture de Le chat qui voulait sauver les livres de Sosuke Natsukawa

Le chat qui voulait sauver les livres est le premier roman traduit en français de Sosuke Natsukawa, médecin japonais devenu romancier, publie chez NiL puis en poche chez Pocket. Le point de départ a de quoi séduire tout amoureux des livres : un chat tigré et parlant entraîne un lycéen timide dans une série de labyrinthes pour sauver des livres maltraités.

Couverture de Le chat qui voulait sauver les livres de Sosuke Natsukawa

Un conte pour lecteurs, à hauteur d’étagère

Rintaro Natsuki, lycéen solitaire, vient de perdre son grand-père, libraire d’une boutique de livres d’occasion. Alors qu’il s’apprête à fermer la boutique, un chat tigré doué de parole apparaît entre les rayonnages. Il lui demande son aide pour libérer des livres prisonniers. Commence une suite de quêtes, chacune dans un labyrinthe gardé par un personnage qui, à sa manière, maltraite les livres.

Le ton est doux, un peu suranné, franchement feel-good. On est dans la lignée des romans japonais réconfortants qui inondent les tables des libraires, ceux qui se passent dans un café, une bibliothèque ou une papeterie. Ici, c’est une librairie de livres anciens, et l’objet livre est au centre de tout.

Quatre labyrinthes, quatre façons de trahir les livres

La structure est celle d’un conte à tiroirs. Chaque labyrinthe incarne une manière de trahir la lecture. Le premier gardien enferme les livres pour les collectionner sans les lire. Le deuxième les découpe en résumés pour aller plus vite. Le troisième les vend au poids, comme de simples produits. À chaque étape, Rintaro doit trouver l’argument qui rappelle a quoi sert un livre.

C’est didactique, assumé comme tel. Natsukawa fait passer un plaidoyer pour la lecture lente, la relecture, l’empathie qu’un roman développe. Les messages sont un peu appuyés, mais ils touchent juste quand on est soi-même du côté des étagères pleines.

Le quatrième et dernier labyrinthe change de nature. Il ne s’agit plus de défendre les livres contre un geôlier, mais de comprendre ce qu’ils nous donnent vraiment : la capacité de nous mettre à la place d’un autre. Cette montée vers l’empathie donne au conte sa vraie couleur, plus émouvante qu’on ne l’attendait, et rattrape en partie la naïveté des premières étapes.

Charmant, mais un peu sage

Soyons honnête, le roman manque parfois d’aspérité. Les personnages sont des types plus que des êtres, les dialogues frôlent la leçon de morale, et l’intrigue avance sur des rails. Un lecteur adulte exigeant trouvera l’ensemble un brin naïf. C’est le prix du conte : la clarté du propos passe avant l’épaisseur psychologique.

Mais il y a une sincérité désarmante dans cette défense des livres. Natsukawa est médecin, et cela se sent dans une certaine chaleur, une attention à la solitude et au deuil. Ce n’est pas un grand roman, c’est une bonne veillée, à lire au chaud avec un thé, ou une bière ambrée pour ma part.

Un mot sur le japonais

Le titre original, 本を守ろうとする猫の話, se lit Hon o mamorou to suru neko no hanashi, littéralement l’histoire d’un chat qui essaie de protéger les livres. J’apprends le japonais, et ce genre de titre est un petit cadeau : des mots simples, 本 le livre, 猫 le chat, 話 l’histoire, qu’un débutant reconnaît vite. La traduction française de Mathilde Tamae-Bouhon rend bien la douceur du texte. On perd forcement la musique de l’original, mais l’esprit passe.

L’auteur : Sosuke Natsukawa

Sosuke Natsukawa est né en 1978 dans la préfecture d’Osaka et exerce comme médecin dans la région de Nagano. Il écrit en parallèle de sa pratique. Le chat qui voulait sauver les livres, paru au Japon en 2017, est son roman le plus connu à l’étranger, traduit dans une quarantaine de langues. Son écriture, marquée par son métier, revient souvent sur la maladie, le soin et le lien humain. Le succès international de ce livre l’a fait connaître bien au-delà du Japon, dans la vague des romans japonais doux qui séduit les lecteurs occidentaux depuis quelques années.

Trois raisons de le lire

  • Une déclaration d’amour aux livres, idéale pour les lecteurs qui aiment lire sur la lecture.
  • Un roman court et réconfortant, parfait entre deux lectures plus exigeantes.
  • Une porte d’entrée facile vers la vague feel-good japonaise.

Questions fréquentes

Est-ce un livre pour la jeunesse ?

Il se lit à tout âge. Le héros est lycéen et le ton reste accessible, mais le propos sur le deuil et la solitude parle aussi aux adultes. On peut le mettre entre presque toutes les mains, dès l’adolescence.

Y a-t-il une suite ?

Oui. Natsukawa a écrit d’autres romans dans un esprit voisin, dont un deuxième volet autour du même univers, Le chat qui voulait sauver la bibliothèque, également traduit en français. On peut toutefois lire ce premier tome comme un récit complet.

Ressemble-t-il aux autres romans japonais réconfortants ?

Beaucoup. Si vous avez aimé les récits doux qui se passent dans un café ou une bibliothèque, vous retrouverez ici la même chaleur et la même simplicité. C’est une valeur sûre du genre, pas une révolution.

Repères

  • Titre : Le chat qui voulait sauver les livres
  • Titre original : 本を守ろうとする猫の話 (2017)
  • Auteur : Sosuke Natsukawa (né en 1978)
  • Traduction : Mathilde Tamae-Bouhon. Éditions : NiL, poche chez Pocket

Le mot de la fin

C’est un livre que l’on referme le sourire aux lèvres, sans qu’il vous bouscule. Je ne le rangerai pas parmi mes grands chocs de lecture, mais je l’ai lu avec plaisir, comme un entracte. À offrir à un lecteur qui aime les histoires de livres, de chats et de librairies. Il coche les trois cases sans effort.

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