Le Gunpla MGSD (Master Grade Super Deformed) est une gamme de maquettes Gundam lancée par Bandai en 2022. L’idée tient en une phrase : prendre le squelette interne d’une Master Grade, celui qui articule et qui cache des mécanismes, et le glisser dans un corps chibi (tête énorme, jambes courtes, l’ADN du Super Deformed depuis les années 80). En septembre 2026, c’est le NZ-666 Kshatriya qui rejoint la gamme. Et il casse une règle qu’on croyait acquise. Pour les bases sur les grades classiques, j’avais déjà écrit un guide sur HG, RG, MG et PG : le MGSD ne rentre dans aucune de ces cases. C’est tout l’intérêt.
MGSD, c’est quoi au juste ?
Un Super Deformed classique, c’est une petite boîte pas chère. Un montage de dix minutes. Quelques articulations basiques, les fameuses SD qu’on trouve depuis les années 80, sympathiques mais sommaires. Le MGSD garde la silhouette chibi, mais change tout ce qui est dessous.
Bandai a annoncé la gamme en septembre 2022. Le premier kit, le MGSD Freedom Gundam, est sorti le 21 janvier 2023 à 4 290 yens (à peu près le prix d’une Master Grade classique, pour un kit trois fois plus petit). Ont suivi le Barbatos en octobre 2023, le Wing Gundam en novembre 2024, puis l’Aerial en août 2025, un rythme lent, presque un événement à chaque sortie plutôt qu’une gamme au long cours. Quatre kits en trois ans. Le Kshatriya est le cinquième.
Le squelette qui fait tout l’intérêt du Gunpla MGSD
C’est là que ça devient intéressant. Et c’est aussi ce qui justifie le prix, à peu près le double d’une SD ordinaire, parfois plus. Un MGSD embarque un vrai squelette interne, des articulations multi-axes cachées sous le plastique extérieur, et une séparation des couleurs qu’on ne voit d’habitude que sur les Master Grade.
Concrètement : le corps a des proportions de dessin animé, mais l’ingénierie dedans est celle d’une gamme premium. Personne d’autre ne fait ça sur ce format (si si, j’ai vérifié, aucune marque concurrente n’a de ligne comparable en 2026). Un peu comme mettre le moteur d’une berline dans la carrosserie d’une citadine. Le résultat surprend. Et il coûte le prix du moteur.
Pourquoi le Kshatriya de septembre 2026 est un tournant ?
Les quatre premiers MGSD étaient tous des Gundam, au sens strict : des unités pilotées par le camp fédéral ou assimilé. Le NZ-666 Kshatriya, sorti ce mois-ci à 7 700 yens, est le premier à casser cette règle. C’est une unité Néo Zeon, pilotée par Marida Cruz (alias Puru Twelve) dans Mobile Suit Gundam Unicorn. Quatre grands binders. Bouclier et propulseur à la fois. Et 24 funnels au total, cachés dedans (le genre de détail qu’on ne voit qu’une fois le kit terminé, jamais sur la boîte).
Rien que la silhouette est un défi en format chibi : large, écrasante, tout sauf humanoïde. Un Gundam classique se prête bien à la caricature. Une machine tentaculaire, beaucoup moins (essayez de dessiner un poulpe en chibi mignon, vous verrez). Le fait que Bandai s’y attaque avec ce kit précis dit quelque chose sur l’ambition de la gamme pour la suite : elle ne se limite plus aux héros, elle s’attaque aux silhouettes compliquées.
Ce que ça change pour la suite de la gamme
Si le pari du Kshatriya fonctionne commercialement, la porte s’ouvre à d’autres unités Zeon, Neo Zeon ou même hors Gundam de la même franchise (un Zaku en MGSD, ça se discute depuis des années sur les forums). Pour l’instant, ce n’est qu’une hypothèse de ma part. Aucune annonce ne va dans ce sens, pas encore.
Un mot sur la distribution, parce qu’elle complique tout. Une bonne partie des nouveautés Gunpla récentes (le Kshatriya y compris, selon les échos des boutiques spécialisées) sort d’abord en exclusivité P-Bandai, le circuit de vente directe du fabricant, avant une éventuelle réédition en boutique classique. Traduction pour qui n’a jamais commandé chez eux : import, frais de port japonais, et parfois une fenêtre de commande de quelques semaines seulement. Rien d’exotique pour un habitué du Gunpla. Un peu déroutant pour un premier achat.
MGSD face à HG, RG, MG, PG : où se situer
Le MGSD n’est pas un cinquième barreau ajouté à l’échelle des grades. C’est une gamme parallèle, hors échelle réelle (contrairement au HG au 1/144 ou au MG au 1/100), pensée pour l’exposition plutôt que pour la collection cohérente entre modèles (deux MGSD côte à côte ne respectent aucune proportion l’un par rapport à l’autre, et ce n’est pas un défaut, c’est le principe).
Si vous cherchez à débuter, ce n’est clairement pas le bon point d’entrée. Mon guide pour bien débuter en Gunpla recommande une High Grade ou une Entry Grade en premier montage, et cette recommandation tient toujours face au MGSD. Le squelette interne, les couleurs séparées à outrance, tout ça se paie en complexité de montage. Pas seulement en yens.
Je n’ai pas encore monté de MGSD moi-même. Je parle donc de ce que les kits promettent sur le papier et de ce qu’en disent les comptes-rendus de montage, pas d’un ressenti personnel (je préfère le dire plutôt que de faire semblant). Ce que je peux affirmer avec plus de certitude : sur une étagère, à côté d’un Gundam en Master Grade grandeur normale, l’effet chibi-plus-mécanique-sérieuse fonctionne visuellement. C’est un objet de collection assumé, pas un exercice de patience comme une Perfect Grade.
Un dernier repère de prix, utile avant de commander : comptez entre 60 et 80 euros suivant le kit et le taux de change au moment de l’achat, contre 15 à 25 euros pour une High Grade classique. L’écart se voit sur la boîte autant que sur le squelette qu’il y a dedans.
Questions fréquentes
Le MGSD est-il un bon point d’entrée dans le Gunpla ?
Non. Le prix (autour de 60 à 80 euros suivant le taux de change et le kit) et la complexité du squelette interne en font un achat de fan plutôt qu’un premier montage. Une High Grade reste le meilleur point de départ.
Le MGSD remplace-t-il les Super Deformed classiques ?
Non plus. Les SD classiques continuent d’exister en parallèle, à prix cassé, pour un montage rapide sans prétention. Le MGSD vise un public différent : celui qui veut l’esthétique chibi avec l’ingénierie d’une gamme premium.
Où trouver le MGSD Kshatriya en France ?
Comme la plupart des sorties Bandai récentes, une partie du stock passe par Premium Bandai (import) avant une distribution plus large chez les revendeurs spécialisés. Les délais et les prix varient selon la boutique. À vérifier au moment de l’achat plutôt que de se fier à un chiffre qui datera vite.
Le mot de la fin
Allez, à vos pinces.



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